Entreprendre, c’est un métier. La théorie est une chose, la pratique du terrain en est une autre. Un bon entrepreneur est celui qui saura utiliser ce qu’il sait pour déjouer les pièges qui se dressent devant lui.
Cette réflexion, ce n’est pas la première fois que la tiens. Elle revient souvent quand je discute avec des clients des webmarketeux. Ces clients sont tellement convaincus qu’ils détiennent LA solution pour réussir qu’ils en deviennent touchant de naïveté.
Hier, l’un d’entre eux était persuadé que le simple fait de créer un contenu de qualité allait suffire pour transformer son blog en succès. Je ne peux pas le contredire sur le fait qu’il faille en effet produire un contenu qualitatif. Reste ensuite à définir ce qu’est la qualité quand on parle de contenu.
La réussite, c’est facile !
Là où je suis bien moins en phase avec son discours, c’est sur la réussite. Contenu de qualité est forcément synonyme de réussite. Non. Car si tel était le cas, il y aurait beaucoup plus de blogueurs qui vivrait de leurs écrits, et ce n’est pas le cas.
Alors que je demandais à ce blogueur ce qu’il trouvait de bon dans sa formation, il avança le SEO. Sous la forme recherche de mots clé, titre et inter-titres. Bien. J’ai eu du mal à lui faire comprendre que le SEO, c’est un métier, et que s’il souhaitait en savoir plus, il serait de bon ton de lire, par exemple, le blog de Sylvain Richard, AxeNet, ce qui pourrait lui donner un aperçu de ce qu’est le métier de référenceur.
Forcément, si un métier de SEO existe, c’est bien parce que référencer un site convenablement, cela va bien au-delà de titres et inter-titres… Mais ça, à partir du moment où vous avez en face de vous une personne qui s’entend dire à longueur de vidéo qu’il va devenir le meilleur, qu’il en sait plus que n’importe quel autre blogueur, et j’en passe, il est difficile de le faire revenir sur terre.
Le super lancement, ou comment gagner de l’argent rapidement
Nous avons avancé dans la conversation vers la vente de produit et le super lancement. Bien. Donc, il va apprendre à créer un produit. Et pour ce faire, il va apprendre à faire un sondage. Super. Dépenser 2.000 euros pour apprendre qu’il faut faire une petite étude de marché, ça fait cher je trouve, surtout pour ce qui est du B-A BA de l’entrepreneuriat. Mais je peux me tromper.
Donc, nos blogueurs entrepreneurs apprennent qu’il faut faire une étude de marché. Bon, surveyMonkey est dans la place. Une fois les résultats dans la boite, décortiqués, analysés, on lance la création du dit produit. Et après, on le vend comment ? Avec quoi ? Ah… Ah bah oui, le truc, faut le vendre ? Quels canaux ? Quel prix ? Et j’en passe. Comment assurer la promotion du produit ? Le super lancement, c’est bien beau, mais sur une liste de 500 abonnés, ça ne va pas chercher loin. Il faut de la visibilité pour le produit. Sur le site du blogueur ? Hum, avec 50/100 visiteurs par jour, ça limite la chose.
La botte secrète pour gagner de la visibilité
Mais ne soyons pas inquiet, nos blogueurs ont une arme secrète. L’évènement inter-blogueur. Et oui ! Magique. Avec ça, ils vont décupler leur visibilité. Bon, on va attendre un peu avant de leur fracasser leurs désirs.
Alors que je mettais mon interlocuteur en garde, il me dit « Mais donc, tu es contre motiver les blogueurs, contre le fait qu’ils réalisent leurs rêves ». Et là, j’ai pris conscience d’un truc. Le délicat équilibre, le fil sur lequel je suis, entre guider les blogueurs et leur faire croire en leur rêve.
Tes rêves et la réalité, distorsion temporelle
Les faire rêver pour leur vendre mes produits, soit, mais que se passera-t-il le jour où ils vont revenir à la réalité ? Serais-je trop citoyen, trop responsable, trop impliqué dans ma démarche qui se veut pragmatique ? Devrais-je adopter la posture des webmarketeux qui se fouttent totalement du sort de leur client ? Peut-être. Mais étrangement, je m’y refuse.
J’ai bien plus envie d’avoir des clients avec qui je vais pouvoir vraiment bosser sur du moyen/long terme, ayant conscience que ce qui les attends, c’est du boulot, et qui sont prêt à s’investir pour réussir.
Je ne peut pas travailler avec des gens qui souhaitent prendre un raccourci vers la gloire et qui recherche une méthode, une recette à appliquer. Ces personnes-là n’apprennent rien. Elles répètent, souvent sans comprendre (voir le passage sur le SEO). Qu’adviendra-t-il de ces personnes lorsqu’elles seront (rapidement) confrontées à un problème non répertorié dans la méthode ? Elles vont remettre X euros pour apprendre à régler le problème. L’esprit d’entreprise, ce n’est pas ça.
Entreprendre, c’est apprendre. Accepter le fait qu’il faille passer par des étapes, plus ou moins drôles, plus ou moins agréables avant de toucher le succès. C’est ce qui rend le succès plus beau encore. Mais forcément, ça, c’est pas du rêve en barre.
Note : au delà des divergences de vues, les échanges que je peux avoir par mail ou téléphone avec les clients des webmarketeux sont toujours très courtois, agréables et riches d’enseignements. Je tenais donc à les remercier pour ces échanges.
Ayez la partigitude, la cool attidude, c'est ça la bloguitude !




Tout est dit. Ou presque.
Etre lu et avoir un contenu qualitatif n’est pas forcément générateur de revenus. Encore faut-il être sur un secteur ou une niche potentiellement génératrice de revenus. Et sur ce secteur, soit être le premier entrant, soit qu’il soit suffisamment large pour pouvoir récupérer les miettes que les autres voudront bien te laisser.
Enfin, tout n’est pas noir ou blanc. Tout n’est pas échec ou succès. Comme dans n’importe quelle activité commerciale, il y a ceux qui ne réussissent pas, il y a les success-stories et il y a l’immense majorité de ceux qui vivottent, en trimant 12h. par jour.
Le dicton du jour : « 10 trains de loosers pour UN Rockfeller » (J.J Goldman 1984)
« Américain »… Et 10 trains de loosers, ça fait du monde !
Bonjour Stéphane,
Nous sommes bien d’accord.
Perso, je me suis bataillé sur ce terrain depuis 2009…
et ça change rien.
Les gens préfèrent garder leurs rêves à portée de main.
On a beau leur expliquer par A + B le contraire, ils iront
toujours au plus simple, ils prendront toujours des raccourcis.
Bonne fin de journée
C’est bien le drame. Peut-on appeler cela la « sélection naturelle » ? Peut-être. Car un chose est certaine, cette mentalité génère plus de fail story que de success story chère à ces vendeurs.
Pour la petite histoire, les commentaires sont en modération à priori, histoire d’éviter la présence de quelques haineux (;
Si je peux comprendre certains propos, je note tjs un certain décalage sur 4h18 …
Je t’en ai déjà fait part dans un post où tu indiquais que la pub sur certains blogs n’étaient pas notés comme tel et ces affiliations « discrètes » était une « tromperie »…
Là ce qui me dérange, c’est qu’à côté de ton article bien construit, je trouve un encart « pour votre blog wordpress » qui fait la promotion d’un service destiné à avoir facilement des fans Facebook.
donc déjà, cela ne concerne pas WordPress, petite tromperie donc … LOL
Mais surtout les fans reçus sont complètement en inadéquation avec le principal intérêt de FB… où on partage ce qui a de l’intérêt, ce que l’on aime….
Voilà c’était mon com’ du jour …
Et donc ?… Tout ça pour dire quoi, que je trompe mes lecteurs, que je suis le méchant ? Ah ok.
C’est sûr, vendre du rêve, c’est vachement moins grave.
J’ai du mal à saisir ta ligne de conduite.
Je signale juste que les erreurs sont légion sur le net , et que parfois elles ne sont pas volontaires, contrairement à ce que tu veux le faire croire…
C’était juste un commentaire … sans aucune autre volonté que de réagir : tu te bats contre les « formations » que tu estimes de mauvaise qualité, je me « bats » contre les services du genre LikeUb qui font dénigrer le « like ».
A un détail près, ton commentaire est ici totalement hors sujet.
Il existe une différence entre « erreur » et volonté manifeste de manipuler les gens.
Quand à LikeHub, y’a un article sur le sujet si tu veux y réagir.
Pour toi, c’est hors sujet …
Mais « erreur » ou « volonté manifeste », le résultat est le même pour celui qui va utiliser le service, non ? et c’est ce résultat qu’il faut combattre !
Je ne suis pas d’accord. Une erreur est pardonnable, pas une volonté manifeste. Mais on s’éloigne du sujet, encore et encore…
Tu es tatillon Olivier… Il y a juste un fossé entre une formation vendue plusieurs centaines d’euros ayant un contenu proche du néant mais un titre rêveur et une publicité dans un coin de blog…
Merci Julie, j’avais l’impression de devenir un Al Capone du blogging :p
Non, on ne s’éloigne pas … car il y a tromperie … et moi je vois le résultat final !
Une erreur est pardonnable oui, quand elle se répète , ce n’est plus une erreur pardonnable !
Mais nous aurons l’occasion d’en reparler … vraisemblablement !
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C’est rigolo, la citation de Gilbert Cesbron fait écho à la devise de Guillaume Nassau d’Orange :
À méditer aussi, celle-là…