SWOT, SMART, AIDAS, QQOQCCP, et j’en passe. Il pleut des méthodes sur la tête de l’apprenti blogueur. Il parait même qu’il suffirait d’appliquer ces fameuses méthodologies pour faire pleuvoir des euros sur votre compte en banque. Au fait, je ne vous ai pas dit, moi, en fait, je suis James Bond. Chut, c’est un secret.
Une méthode, c’est avant tout un concept plus ou moins abstrait tendant à vous aider dans la réalisation d’actions bien concrètes. Une méthode pourrait être comparée à un processus. Le processus cible une action répétitive, il lui applique un ensemble d’actions à mener dans un ordre très précis afin, d’une part, de ne plus gaspiller de temps, et d’autre part, à réduire le facteur de risque inhérent à l’intervention humaine. Le travail à chaine des temps moderne en somme. Les processus qualité ISO s’appuient là-dessus. C’est bien pour cela que l’on parle de processus qualité.
Une recette, des plantages
Prenez une recette de cuisine dans un bouquin. Une recette donnée par un grand chef. Cette recette, cela fait des années qu’il la prépare, qu’il la vend dans ses restaurants. Elle est au point. Et pourtant. Vous allez préparer cette recette chez vous, mais là, patatra, c’est le drame. Le plat n’est pas bon. Pourquoi ?
La qualité des matières premières déjà. Entre ce que vous achetez et ce que le chef achète, il peut exister une sacré différence. On ne cuisine pas dans un resto étoilé avec les mêmes ingrédients qu’à la maison dans un HLM. Les outils. Votre four n’est peut-être pas aussi performant que celui du chef, sa chaleur et la façon dont elle cuit votre plat est sans doute différente. Vos casseroles, la matière utilisée ne rend sans doute pas aussi bien le goût des ingrédients, et ainsi de suite. Les raisons qui font que vous n’obtiendrez peut-être pas le même résultat que le chef sont nombreuses.
Éradiquer le risque
Utiliser une méthode, quelle qu’elle soit, ce peut être bénéfique. Ou pas. Parce qu’il existe le revers de méthode, si les méthodes sont des outils précieux dans l’aide à la décision, l’erreur qui est souvent faites par le débutant à qui l’on jette cela comme la solution miracle, c’est de croire que la méthode va lui apporter la solution à ses problèmes et prendre les décisions pour lui. Non. C’est une aide à la décision. Une aide. La décision, c’est à vous de la prendre. Vous pouvez suivre les résultats des analyses issues de la méthode, comme vous pouvez décider de passer outre. C’est l’instinct. Et un bon entrepreneur, c’est aussi une personne qui, de temps à autres, fait confiance à son instinct.
La recherche permanente de la rationalisation, l’envie perpétuelle de vouloir limiter les risques peut vous enfermer dans une logique « bureaucrate », alors que vous devez innover pour exister sur un marché ultra-concurrentiel.
Savoir pourquoi, comment
Utiliser une méthode, si vous savez pourquoi vous l’utilisez, dans quel cadre, pour quels objectifs, oui. Cela vous aidera à vous analyser plus finement une situation précise, cela vous donnera des informations complémentaires, dans l’unique but de vous aider à prendre une décision. Encore faut-il que vous ayez le courage de prendre une décision. C’est peut-être bien là le nœud du problème. Vous ne savez pas quelle direction prendre, parce que vous vous planquez derrière votre méconnaissance d’un sujet. Alors, plutôt que d’aller chercher l’info, vous préférez payer un guignol qui va vous apporter la solution toute cuite. Et si ça ne marche pas (comme dans 90% des cas), vous allez être comme un con. Et vous allez devoir vous y coller. Que de temps et d’argent perdu.
Eviter le copier coller
Une autre des problématiques de la méthode, quand on ne sait pas s’en servir, c’est le risque de se retrouver avec la même chose que le voisin, qui lui-même a déjà le même truc que son voisin, et ainsi de suite.
Je vous invite à regarder la niche de l’argent facile, bon nombre de ces apprentis pro ont suivi une « formation ». Le résultat ? A prendre peur. Payer pour un tel résultat. Moi, ça me ferait mal. Pourtant comme de bons petits soldats, ils ont tout bien fait comme on leur a dit de faire. Ouaip, on voit le résultat. Quand à savoir si c’est avec cela qu’ils vont gagner leur vie, je vous laisse juge.
Question. Comment vous démarquer de la concurrence quand vous utilisez les mêmes astuces, les mêmes mots, le même ton, bref, quand à part les couleurs, votre blog est le même ?
Je serais incapable de vous citer un seul site m’ayant marqué, par son ton, son esthétisme, son contenu. Et pourtant, ils ont bien suivi une méthode qui « marche ». Mais pas pour eux. Vous avez le droit d’avoir peur de l’échec, mais de là à faire n’importe quoi…
La méthode ne fera jamais le boulot pour vous. Vous devez connaitre votre secteur, pour cela, vous devez l’analyser, le comprendre, l’observer, voir comment il évolue, vous devez apprendre à analyser et déduire. La méthode est outil, au même titre que le marteau. N’attendez pas que le marteau plante le clou pour vous, vous risquez d’attendre un moment.





Je plussoie totalement ! Comme en conduite de projet, il n’y a pas UNE méthode universelle mais DES méthodes qui vont s’avérer plus ou moins adaptées à tel ou tel projet…
Pour le reste, tu écris « Guru est riche » … Je dirai plutôt « Guru affirme qu’ il est riche » ce qui est un peu différent …
Bonjour,
Les méthodologies en gestion de projet ont démontré leur efficacité.
Elles sont nées de l’empirisme (plus de 40 ans d’existence, rédigées par des milliers de chefs de projet). Profiter de l’expérience et concertation de toutes ces personnes.
Il en existe certes plusieurs types (orienté développement – les méthodes agiles / orienté secteur public / grands projets) mais toutes sont efficaces et ont des bases communes.
J’utilise un référentiel en gestion de projet presque au quotidien, et ma « vie professionnelle » à été grandement améliorer grâce à lui. (pour des projets de quelques dizaine de K€ à quelques centaines de k€).
Ces méthodologies sont composées d’une feuille de route (n’importe quel projet passe par les mêmes phases: étude du besoin, lancement, planification, exécution, contrôle et clôture) et d’une boite à outil (une caisse bien pleine, qu’il faut bien sure savoir utiliser en fonction de l’utilisation qu’on en a à faire: on ne scie pas une planche avec un marteau).
Il en va de même pour bon nombre qui ont démontré leur plus value: Cobit, Itil, Lean management, MRP, etc.
Ceux qui critique ces méthodologies ne les connaissent pas ou ne les maitrises pas.
D’ailleurs, l’article ne critique pas les « méthodes » mais bien de les utiliser sans savoir.
En effet, le propos n’est pas de critiquer des méthodes, qui bien enseignées et bien utilisées ont déjà démontrées leur efficacités. En revanche, utiliser ces méthodes sans comprendre à quoi elles servent, ou alors penser qu’elles vont être la solution miracle à la réussite, c’est une connerie sans nom. Si un projet est mauvais, méthode ou non, il restera. Dernier point, la méthode ne doit pas vous épargner de faire le boulot.
Certains le sont vraiment, c’est bien ce qui m’attriste. Car cette richesse est fondée sur la naïveté de ceux qui pensent encore que les miracles existent en business. Le seul miracle, c’est celui du travail.
Je rajoute simplement ceci, mais tu as du déjà le dire ici ou là, : l’expérience, la frustration, et même l’échec, servent à l’apprentissage et la construction d’une personnalité. Ce n’est pas forcément un passage obligé mais payer pour (rêver) faire l’économie d’une expérience (dont on ne peut jamais prédire l’issue à l’avance) en pensant que cela évitera tout risque, toute déconvenue, est pure fantaisie. « Le droit au rêve a pour pendant le devoir de vigilance ».
Très clairement camarade ! L’échec est le terreau des victoires de demain, si tant est que tu saches en tirer les leçons !
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Bonjour Stéphane, voici un excellent article ! j’adore les formules comme » La méthode est outil, au même titre que le marteau. N’attendez pas que le marteau plante le clou pour vous, vous risquez d’attendre un moment. »
Bravo, je partage et repartage cet article !
Valérie
Merci pour le partage Val’ (:
En voila un article qui en dehors du fait qu’il est bon, me correspond tout à fait puisqu’il y a quelques mois, au tout début de mon projet, je me suis laissé tenter par une de ces nombreuses méthodes miracle. Résultat j’ai perdu de l’argent pour des informations que j’ai fini par recueillir par moi-même sur la toile. Depuis je me suis enfermé dans ma bulle pour travailler de manière plus instinctive tout en prêtant attention aux gens qui ont quelques chose de subtil ou de techniquement intéressant à dire.
Les méthodes miracles, je les observe de loin pour comptabiliser les erreurs qu’ils commettent dans leur chronologie de marketing: La première c’est le manque d’honnêteté. Ce qui a fonctionné pour eux ne va pas forcément correspondre à tout le monde.
Il n’y a que deux blogueur que je lis. Stéphane en fait partie.
Christophe. À bientôt.
Christophe, je te rejoins totalement sur le manque d’honnêteté de la plupart des promoteurs des méthodes miracles. La ficelle est un peu grosse mais existe depuis des siècles … ce n’est plus « achetez le livre qui vous livre les secrets de ma fortune » mais « achetez la formation qui vous apprendra comment j’ai fait fortune ». Arf arf … Bon, ce n’est pas le sujet
Par contre, ne t’enfermes pas dans ta bulle. Il n’y a pas que des gens qui cherchent à te piquer ton pognon sur la toile, il y a des foules de gens qui sont prêts à partager leur expérience. Ca vaut ce que ça vaut, mais chacun pourra en tirer des atouts pour ses propres projets.
SMART, SWOT, CQQCOQP, ce sont des outils de base qu’on apprends en école de commerce/marketing/management. Le problème n’est pas d’appliquer bêtement des outils, mais bel et bien d’en comprendre le sens pour les adapter à son besoin.
Il existe un certain nombre de bloggeurs « pro » qui proposent leur solution miracle pour devenir millionnaire sans faire grand chose. C’est leur façon d’exploiter un filon qui fait penser que si tu paie une info, c’est qu’elle est de qualité. Mais d’autres proposent de partager leur expérience gratuitement. Et c’est en recoupant leurs expériences qu’on peut trouver des astuces communes et ainsi avancer dans le monde merveilleux du blogging